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Nouvelles

Du Local au Global: Imaginer une solution intersectionelle aux problèmes de mobilité et migration

9 décembre 2015

C’est avec grand plaisir que Tahnee et moi avons participé au webinaire de FemNorthNet sur les migrations et la mobilité. Nous nous sommes senties un peu dépassées par le nombre de problèmes que doivent affronter les femmes des communautés nordiques, mais également inspirées par la profondeur, la sincérité et la passion des présentatrices. Ce sont des conversations fondées sur des données probantes, constructives, collaboratives et intersectionnelles, comme celles qui ont eu lieu durant ce webinaire, qui vont contribuer à trouver des solutions originales à des problèmes complexes et éventuellement, susciter des changements dans les communautés. En abordant notamment la vie des femmes en situation de handicap dans des communautés isolées, la mobilité en emploi dans les régions nordiques et la précarité que vivent les femmes autochtones fuyant des situations de violence, la conversation a couvert un nombre impressionnant d’enjeux. Le webinaire était basé sur le postulat suivant: Pour parler des femmes des communautés nordiques, il faut absolument prendre en compte une foule d’enjeux qui s’entrecroisent, divergent et parfois, s’entrechoquent les uns les autres. Ce postulat constitue l’essence même de l’intersectionnalité et toute entorse à ce principe ne peut se solder que par un échec.

Toutefois, lorsqu’on tente d’élaborer les politiques en harmonie avec ce postulat, il est facile d’oublier que tout le monde n’a pas accès aux mêmes ressources, particulièrement dans le cas des communautés nordiques, rurales et isolées. Nous assumons généralement par exemple que les ressources accessibles aux personnes en situation de handicap dans un centre urbain le sont également pour tout le monde, partout au Canada. Nous assumons qu’une femme fuyant une situation de violence aura un endroit où se réfugier, plutôt que de demeurer prisonnière d’un foyer violent parce que la communauté manque de logements. Nous assumons que les gens déménagent toujours par choix, et non parce que leur communauté est dans une phase de contraction économique. Nous nous penchons rarement sur les causes sous-jacentes qui influencent la capacité des gens à s’adapter à des circonstances changeantes. C’est pourtant la réalité des communautés isolées.

Par conséquent, pour concevoir des politiques qui reflètent véritablement les besoins des femmes des communautés nordiques, il faut laisser tomber nos préjugés, comprendre leur réalité en communiquant directement avec elles et imaginer de nouvelles avenues pour aborder ces enjeux complexes profondément enracinés dans les expériences de communautés individuelles et originales. C’est un objectif difficile à atteindre.

En outre, malgré l’importance d’analyser en profondeur les enjeux locaux durant l’élaboration de politiques intersectionnelles, il ne faut pas oublier le plan global. Tout en continuant de récolter des récits et des données au palier local, nous devons aussi nous tourner vers le reste de la planète. Pour ce faire, il faudra en apprendre plus sur les tendances et les expériences que vivent nos voisins en vue de trouver des solutions encore plus innovantes, robustes et résilientes aux enjeux de migration et de mobilité.

Le webinaire sur les migrations, l’immigration et la mobilité sera disponible en ligne dans les semaines qui viennent. Visitez www.femnorthnet.ca pour des mises à jour.


Rachel Kohut est étudiante en 2e année de droit à l’Université McGill. Tahnee Prior a reçu une bourse Trudeau 2015 et elle est doctorante à la Balsillie School for International Affairs. Elles ont récemment lancé la plateforme Plan A pour favoriser le dialogue entre femmes vivant dans diverses régions arctiques.


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